Situations-problèmes :
Qu'est-ce qu'une situation problème?
- La situation-problème est une situation d'apprentissage
- C'est un moyen d'apprentissage et non le résultat.
- C'est une stratégie d'enseignement qui favorise
l'engagement des élèves.
- Elle permet la construction des savoirs.
- La situation-problème, c'est une tâche :
- globale,
- complexe,
- signifiante.
La situation-problème est une tâche globale
:
- elle est complète, c'est-à-dire qu'elle
a un contexte (des données initiales) et qu'elle contient un but;
- elle requiert plus d'une action, plus d'une
procédure ou plus d'une opération à faire;
- elle pourrait être décomposée en plusieurs
parties ou éléments.
La situation-problème est une tâche complexe
:
- elle fait appel à plusieurs connaissances
et à plus d'un type de connaissances (déclaratives, procédurales et conditionnelles);
- elle amène un conflit cognitif, la solution
n'est pas évidente;
- elle présente un défi à la portée de l'élève
(réaliste et réalisable);
- elle peut toucher à plusieurs objectifs
du programme, elle est donc très structurée sur le plan didactique puisqu'elle
est créée en fonction d'un apprentissage précis.
La situation-problème est une tâche signifiante
:
- elle a un sens pour l'élève parce qu'elle
fait appel à quelque chose qu'il connaît, elle est en lien avec sa réalité;
- elle est concrète parce qu'elle a un but
(un produit), qu'elle sollicite une action réelle et qu'elle requiert
l'utilisation des connaissances, des techniques, des stratégies ou des
algorithmes.
Les caractéristiques d'une situation-problème:
- Elle contient des données initiales qui précisent
le contexte de la situation et qui sont utiles pour résoudre le problème.
- Il y a un but à atteindre (différent de l'objectif
d'enseignement) qui donne un sens à la mobilisation et à l'organisation des
connaissances.
- Il y a des contraintes ou des obstacles à surmonter
qui exigent une réorganisation des connaissances antérieures et qui amènent
l'élève à trouver d'autres moyens, donc à faire des apprentissages.
- La démarche et la solution ne sont pas évidentes;
la personne doit faire une recherche cognitive active pour savoir comment
procéder.
Les avantages de la situation-problème:
- Elle permet aux élèves de faire de réels apprentissages
en les plaçant au coeur du processus d'apprentissage.
- Elle sollicite l'engagement des élèves; ils
deviennent davantage acteurs puisqu'ils utilisent leur bagage cognitif, leur
intelligence.
|
Haut de la page |
La situation-problème selon Meirieu :
« Un sujet, en effectuant une tâche, s'affronte
à un obstacle. »
Questions à se poser avant l'élaboration
d'une situation-problème :
- Quel est mon objectif? Qu'est-ce que je veux
faire acquérir à l'apprenant qui représente pour lui
un palier de progression important?
- Quelle tâche puis-je proposer qui requière,
pour être menée à bien, l'accès à cet
objectif (communication, reconstitution, énigme, réparation,
résolution, etc.)?
- Quel dispositif dois-je mettre en place pour
que l'activité mentale permette, en réalisant la tâche,
l'accès à l'objectif?
- Quel matériau, documents, outils
dois-je réunir?
- Quelle consigne-but dois-je donner pour
que les apprenants traitent les matériaux pour accomplir la tâche?
- Quelles contraintes faut-il introduire
pour empêcher les sujets de contourner l'apprentissage?
- Quelles activtiés puis-je proposer
qui permettent de négocier le dispositif selon diverses stratégies?
Comment varier les outils, démarches, degrés de guidage, modalités
de regroupement?
(Phillippe Meirieu, Guide méthodologique
pour l'élaboration d'une situation-problème)
|
Haut de la page |
La situation-problème selon Astolfi
- Une situation-problème est organisée autour
du franchissement d'un obstacle par la classe, obstacle préalablement bien
identifié.
- L'étude s'organise autour d'une situation à
caractère concret, qui permette effectivement à l'élève de formuler hypothèses
et conjectures. Il ne s'agit donc pas d'une étude épurée, ni d'un exemple
ad hoc, à caractère illustratif, comme on en rencontre dans les situations
classiques d'enseignement (y compris en travaux pratiques).
- Les élèves perçoivent la situation qui leur
est proposée comme une véritable énigme à résoudre, dans laquelle ils sont
en mesure de s'investir. C'est la condition pour que fonctionne la dévolution
: le problème, bien qu'initialement proposé par le maître, devient alors "leur
affaire".
- Les élèves ne disposent pas, au départ, des
moyens de la solution recherchée, en raison de l'existence de l'obstacle qu'il
doit franchir pour y parvenir. C'est le besoin de résoudre qui conduit l'élève
à élaborer ou à s'approprier collectivement les instruments intellectuels
qui seront nécessaires à la construction d'une solution.
- La situation doit offrir une résistance suffisante,
amenant l'élève à y investir ses connaissances antérieures disponibles ainsi
que ses représentations, de façon à ce qu'elle conduise à leur remise en cause
et à l'élaboration de nouvelles idées.
- Pour autant, la solution ne doit pourtant pas
être perçue comme hors d'atteinte pour les élèves, la situation-problème n'étant
pas une situation à caractère problématique. L'activité doit travailler dans
une zone proximale, propice au défi intellectuel à relever et à l'intériorisation
des "règles du jeu".
- L'anticipation des résultats et son expression
collective précèdent la recherche effective de la solution, le "risque" pris
par chacun faisant partie du "jeu".
- Le travail de la situation-problème fonctionne
ainsi sur le mode du débat scientifique à l'intérieur de la classe, stimulant
les conflits socio-cognitifs potentiels.
- La validation de la solution et sa sanction
n'est pas apportée de façon externe par l'enseignant, mais résulte du mode
de structuration de la situation elle-même.
- Le réexamen collectif du cheminement parcouru
est l'occasion d'un retour réflexif, à caractère métacognitif ; il aide les
élèves à conscientiser les stratégies qu'ils ont mis en œuvre de façon heuristique,
et à les stabiliser en procédures disponibles pour de nouvelles situations-problèmes.
Jean-Pierre Astolfi, Placer les élèves en
"situation-problème" ?
PROBIO-REVUE, vol. 16, no 4, décembre 1993
| Haut
de la page |